Claude Lévi-Strauss est décédé vendredi

5 novembre 2009

AmérindienClaude Levi-Strauss est décédé vendredi à presque 101 ans, qu’il repose en paix. Une brève revue de presse fait ressortir des expressions telles que « fondateur de l’anthropologie moderne » ou « l’un des plus grands penseurs français de notre époque ». Certains osent évoquer les critiques contre son travail, particulièrement concernant  Tristes Tropiques, que nombreux accusaient Lévi-Strauss d’avoir écrit sans une réelle connaissance du problème. Ou alors l’influence qu’il a pu avoir sur Mai 68. Et plusieurs questions me viennent à l’esprit.

Pourquoi le considérait-on comme le plus grand penseur français aujourd’hui encore, si toutes ses œuvres majeures ont été écrites il y a maintenant plus de 20 ans ? N’y a-t-il donc aucun autre grand penseur plus jeune ? On me répondra qu’on manque de recul. Mais cette remarque, dans le monde dans lequel nous vivons, importe peu. Le recul ne semble pas nécessaire lorsqu’on demande à un homme politique son avis juste après une catastrophe extraordinaire ou lorsque l’on nomme à la télévision des jeunes gens sans réelle technique vocale, charisme ou même personnalité « les plus grands chanteurs de l’année » (que personne ne se sente visé). Est-ce par désir d’embaumer celui qui vient de disparaitre ?

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Astérix et le Domaine des Dieux, analyse économique

25 octobre 2009

Astérix chez les HelvètesNous fêtons cette semaine (29 octobre) l’anniversaire d’Astérix, et donc d’Obélix, même s’il jouissait dans l’album de 1959 d’un rôle tout à fait secondaire.

Le point fort des Aventures d’Astérix le Gaulois est connu : la multitude des niveaux de lecture, permettant à chaque âge d’y trouver son bonheur. Mais l’âge ne fait pas tout et l’agrégé de latin comprend certainement des références qui m’échappent.

La pertinence d’œuvres abordant maints sujets est toujours sujette à caution, et l’estimation la plus précise qu’on a de l’ensemble dérive souvent du traitement accordé au thème qu’on maîtrise le plus. Aussi, je vous propose une revue des questions politiques, économiques et sociales abordées dans les albums originaux (dont le scénario est de Goscinny) : d’Astérix le Gaulois à Astérix chez les Belges. En espérant vous faire lire ou relire les albums cités.

L’économie dans Astérix (ou plus équitablement, dans Les Aventures d’Obélix)

Remarque préliminaire, cette revue nous portera davantage sur Obélix qu’Astérix. Le petit guerrier n’est en effet que raison et courage sans grands sentiments, tandis qu’Obélix déborde de passions : les sangliers toujours, les filles parfois, ou encore en d’autres occasions… l’argent. L’entrepreneur Obélix – exploitant d’une fabrique de menhirs – fait part à plusieurs reprises de ses ambitions. Coquelus, fabricant  de roues de Clermont-Ferrand lui inspire le songe d’un sommeil profond de capitaine d’industrie « en réunion ». Le néarque Saugrenus réveille plus tard cette âme d’homme d’affaires sérieux aspirant à la reconnaissance dans Obélix et Compagnie. J’y reviendrai dans un billet dédié.

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