Les révolutions en Tunisie et en Egypte qui ont réussi à mettre à bas des présidents éternels et des dictatures soutenues par l’Occident, ont une conséquence inattendue : elles ébranlent l’Internationale Socialiste dont étaient membres les partis de Ben Ali et de Moubarak.
La révolution du jasmin en Tunisie a pris l’Occident par surprise. Aujourd’hui, on demande avec raison des explications sur le soutien de nos gouvernements au régime de Ben Ali. Alors que Michèle Alliot-Marie est soupçonnée d’avoir profité des largesses du clan de l’ex-président tunisien, la gauche n’est pas en reste. En effet, le Rassemblement Constitutionnel Démocratique (sic), parti unique tunisien était membre de plein droit de l’Internationale Socialiste, organisation regroupant l’ensemble des partis socialistes dans le monde. Trois jours après la chute de Ben Ali, l’Internationale Socialiste annonçait l’exclusion de ce parti dans un communiqué lapidaire :
« Une décision a été prise par le président avec le secrétaire général, conformément aux statuts de l’Internationale Socialiste, de faire cesser l’adhésion du Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD) de Tunisie. »
La question qui se pose est pourquoi cela n’a pas été fait plus tôt. Le PS français s’est évidemment empressé de dire qu’il avait demandé la radiation du parti tunisien de l’Internationale. La justification “officielle” est que la procédure est complexe. Mais d’après le communiqué, l’exclusion effective du RCD s’est faite très rapidement. Cela n’avait donc pas l’air si compliqué que ça.
Des membres pas si fréquentables
Le RCD n’est pas la seule épine dans le pied de l’Internationale Socialiste. Rappelons que le Parti National Démocratique de Moubarak fait aussi partie de l’organisation. Attendront-ils le départ du Président égyptien pour exclure son parti ? En Côte d’Ivoire, c’est le parti de Laurent Gbagbo, le Front Populaire Ivoirien qui est membre de plein droit de l’Internationale Socialiste ce qui a participé à la cacophonie au PS après les résultats des élections en décembre dernier. Les exemples de ce soutien à des partis frères dont les agissements sont loin de l’idéal socialiste sont nombreux. On peut seulement se réjouir que le parti de Chavez, le PSUV, qui se réclame du socialisme, ne fasse pas partie de l’organisation.
Déclin de l’Internationale Socialiste
En réalité, l’Internationale Socialiste fait face à des difficultés. Les partis socialistes gouvernants sont de moins en moins nombreux, donc l’organisation peine à exclure des partis au pouvoir dans leur pays.
En Europe, la gauche est en déclin. Les partis socialistes au gouvernement n’ont pas réussi à répondre aux attentes des citoyens après la crise. Les travaillistes anglais ont perdu leurs élections, le SPD allemand ne fait plus partie de la coalition au pouvoir, les socialistes belges se sont faits dépasser par le parti indépendantiste flamand NVA. Enfin, en Grèce, les socialistes revenus au pouvoir avec Georgios Papandréou, par ailleurs, Président de l’Internationale Socialiste, mène un politique de rigueur extrême, un programme pas très socialiste …
En Amérique latine, les programmes socialistes ne convainquent pas les populations pauvres et se font donc dépasser par leur gauche. Dilma Rousseff, héritière de Lula eu Brésil, appartient au Parti des Travailleurs. De même en Bolivie, Evo Morales se situe plus à gauche que les partis socialistes traditionnels.
Face à ce déclin, difficile de se passer des exemples de partis socialistes au pouvoir quitte à ce qu’ils soient des partis uniques. Face à la révolte des peuples, l’Internationale Socialiste devrait peut être revenir à ses idéaux et oublier la realpolitik. Le PS français a d’ailleurs appelé à faire le ménage au sein de l’organisation. Mieux vaut tard que jamais…

Publié par ariolis 
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