Que sont les révolutionnaires devenus ? Aujourd’hui, Cohn-Bendit fait dans le vert, et Besancenot n’offre aux amateurs de rouge vif qu’un vermillon insatisfaisant. Mais qu’on ouvre les yeux, et l’on verra alors que les conditions objectives de la révolution sont là.
Le droit à l’excitation révolutionnaire n’est cependant pas gratuit : il nécessite qu’on s’affranchisse préalablement de quelques ritournelles dont on nous rebat trop souvent les oreilles.
Que penser pour commencer du discours, du laïus devrais-je dire tant il est usant, sur le mérite, la méritocratie, et la nécessité d’adopter des comportements justes ? Ultime parénèse politique destinée à rassasier un peuple écœuré par les chiffres ahurissants des bonus des banquiers.
La catilinaire sarkozyste contre un capitalisme financier débridé et déconnecté de l’économie réelle est pourtant jubilatoire, d’autant qu’elle ne menace concrètement personne et semble raisonnable – on s’en sort en réformant le capitalisme et non en versant dans les deux extrêmes que constituent le communisme et l’ultra-libéralisme. La réforme, c’est par exemple le combat officiellement mené par les grands de ce monde contre les paradis fiscaux. Une première ritournelle dont il faut se méfier.
Publié par kerenskii 
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