Les CDS : une régulation vertueuse

14 mars 2010

La finance est un gisement intarissable de boucs émissaires pour la politique française. Deux raisons à cela : les Français n’aiment pas le marché et les financiers ont une imagination débordante pour créer des produits dont l’apparente complexité est preuve de sorcellerie. Dans un contexte de crise grecque et d’élections mal parties, la dernière cible de nos gouvernants sont les CDS, jugés responsables des malheurs de la Grèce. Petite explication.

Les crédit default swaps (CDS)

Un CDS est un instrument financier, dont le vendeur s’engage à couvrir les pertes enregistrées par l’acheteur sur un actif économique en cas d’insolvabilité d’un tiers déterminé. Un CDS sur la dette grecque est donc un contrat qui permet aux créanciers de la Grèce de s’assurer contre un défaut de paiement du pays.

Comme tout contrat d’assurance, le prix d’un CDS est fonction croissante du risque couvert, et augmente donc lorsque le marché anticipe une probabilité accrue de défaut, et inversement.

Le problème pour le gouvernement grec est que le taux d’intérêt qu’il doit verser sur ses nouveaux emprunts évolue semblablement au prix des CDS (voir graphique).

Evolution de la prime de risque des CDS et obligations grecques (Reuters)

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A l’ATTAC de la Taxe Tobin

26 novembre 2009

Sur la proposition d’Alistair Darling, le G20 a récemment re-réfléchi à l’établissement d’une « Taxe Tobin ». Si l’idée est défendue depuis longtemps par la France, elle a été vigoureusement rejetée par les Etats-Unis et le Canada.

D’où viennent de telles positions ?

De Tobin et de sa taxe

La taxe « Tobin » est une taxe destinée à réduire le poids de la spéculation sur les marchés financiers. Elle a été proposée en 1972 par le futur prix Nobel d’économie James Tobin (il le reçut en 1981 pour son travail en économétrie).

Cette taxe a connu un grand engouement dans le courant des années 1990 à la suite de la crise mexicaine. François Mitterrand a évoqué la question pour la première fois devant des instances internationales au sommet mondial pour le développement social de Copenhague en 1994. A la fin des années 1990, l’idée a été reprise et déformée par diverses associations altermondialistes qui y rajoutèrent une idée nouvelle : cette taxe était désormais destinée à réunir de l’argent pour le développement. Ces associations créèrent donc ATTAC (l’association pour une Taxe Tobin pour l’aide aux Citoyens). Institution que critiquera Tobin et qui changera donc son nom en ATTAC (Association pour un eTaxe sur les Transactions financières pour l’aide aux Citoyens)

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