Jacques Marseille : retour sur son Histoire

7 mars 2010

Jacques Marseille

Parmi les intellectuels en retraite du Parti Communiste, Jacques Marseille était sans doute de mes préférés : un libéral tardif, un intellectuel dont les idées simples et factuelles venaient, dans de nombreux éditoriaux, contester les sophismes alambiqués et les idées reçues de notre vieille société française. Petit retour sur cet expert du passé, profondément engagé dans les problématiques du présent.

Au commencement : la question coloniale

Il n’y a plus guère de débat sur l’opportunité de la colonisation : les intellectuels en sa faveur faisant aujourd’hui partie d’une espèce disparue. En fait, depuis plusieurs décennies, le débat s’est porté sur la question de son bilan, une problématique si sensible qu’elle fait l’objet de projets de lois régulièrement évoqués dans les journaux : reconnaissance du rôle positif de la France à l’initiative de l’UMP, criminalisation du colonialisme français par l’Algérie : c’était il y a un mois tout juste.

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Obélix et Compagnie ou Goscinny vs Keynes

29 octobre 2009

Suite à mon premier billet : Anniversaire d’Astérix (1) : Introduction et relecture du Domaine des dieux

Obélix et Compagnie (1976) est à mes yeux le traité d’économie le plus pédagogique jamais paru. Trois ans après que le choc pétrolier a nettement enrayé la croissance des Trente Glorieuses, Goscinny porte dans cet album son regard sur la politique économique, et y fait – probablement sans le savoir, et d’après mon interprétation personnelle – une reductio ad absurdum du keynésianisme. Le tout forme une métaphore assez pertinente de l’économie française et de ses travers.

Le choix de Jacques Chirac, interprété par le « néarque » Caius Saugrenus,  comme personnage central de l’album marque clairement le ton. « Un mécontent, c’est un pauvre qui réfléchit », disait Talleyrand : Saugrenus en prend note pour proposer à César d’occuper et d’enrichir le village gaulois pour le détourner des troubles. Occuper et enrichir – relancer l’emploi et la production – les objectifs explicites des plans de relance.

Je vous propose donc l’exercice inédit d’une lecture de cette BD au regard de la théorie du grand Keynes.

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Astérix et le Domaine des Dieux, analyse économique

25 octobre 2009

Astérix chez les HelvètesNous fêtons cette semaine (29 octobre) l’anniversaire d’Astérix, et donc d’Obélix, même s’il jouissait dans l’album de 1959 d’un rôle tout à fait secondaire.

Le point fort des Aventures d’Astérix le Gaulois est connu : la multitude des niveaux de lecture, permettant à chaque âge d’y trouver son bonheur. Mais l’âge ne fait pas tout et l’agrégé de latin comprend certainement des références qui m’échappent.

La pertinence d’œuvres abordant maints sujets est toujours sujette à caution, et l’estimation la plus précise qu’on a de l’ensemble dérive souvent du traitement accordé au thème qu’on maîtrise le plus. Aussi, je vous propose une revue des questions politiques, économiques et sociales abordées dans les albums originaux (dont le scénario est de Goscinny) : d’Astérix le Gaulois à Astérix chez les Belges. En espérant vous faire lire ou relire les albums cités.

L’économie dans Astérix (ou plus équitablement, dans Les Aventures d’Obélix)

Remarque préliminaire, cette revue nous portera davantage sur Obélix qu’Astérix. Le petit guerrier n’est en effet que raison et courage sans grands sentiments, tandis qu’Obélix déborde de passions : les sangliers toujours, les filles parfois, ou encore en d’autres occasions… l’argent. L’entrepreneur Obélix – exploitant d’une fabrique de menhirs – fait part à plusieurs reprises de ses ambitions. Coquelus, fabricant  de roues de Clermont-Ferrand lui inspire le songe d’un sommeil profond de capitaine d’industrie « en réunion ». Le néarque Saugrenus réveille plus tard cette âme d’homme d’affaires sérieux aspirant à la reconnaissance dans Obélix et Compagnie. J’y reviendrai dans un billet dédié.

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