Affaire Woerth : combien vaut l’hippodrome de Compiègne ?

16 juillet 2010

Pour célébrer la fête de la Fédération, Le Canard Enchaîné, fidèle à sa mission, a décidé de rajouter un nouvelle couche à – ou plutôt aux – affaires Woerth. D’après le journal satirique, M. Woerth aurait bradé l’hippodrome de Compiègne ainsi que son terrain de Golf, pour la somme de 2,5M€, un montant que le journal juge non représentatif de la valeur du bien.

Autant le reconnaître, je ne connais pas grand-chose à l’économie des courses hippiques, mais quelques détails m’amènent à soutenir M. Woerth, en tout cas sur cette affaire.

L’argument de M. Woerth est le suivant : « je pense que l’Etat a fait une très bonne affaire: il a touché 2,5 millions d’euros au lieu de toucher 45 000 annuellement. » Pour savoir comment comparer 45 000 par an et 2,5 millions d’euros, il faut faire un peu de finance, d’où ce petit billet…

Cet article ne cherche pas tant à évaluer la valeur exacte de l’hippodrome que sa valeur en supposant que le loyer payé était raisonnable, c’est-à-dire d’évaluer l’argument de M. Woerth. Si le prix de 2,5M€ est cohérent avec le loyer, mais qu’on garde l’idée qu’une telle propriété vaut beaucoup plus, alors on doit conclure que le problème est beaucoup plus vieux que la vente.

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Tours de Babel modernes ?

7 juillet 2010

Alors que l’émirat de Dubaï commence à peine à rembourser les dettes abyssales qui l’ont conduit au bord de la faillite en 2009, revenons sur les prémisses de cette crise boursière. Comment l’émirat que l’on croyait si puissant a-t-il basculé sans que l’on ne le voit venir ?  Selon une théorie d’un analyste boursier, l’inauguration de la tour la plus haute du monde, le Burj Khalifa (828 mètres) aurait du nous mettre la puce à l’oreille…

Christopher Rathke a en effet développé au milieu des années 1990 une théorie démontrant une corrélation entre  la construction de grattes ciels de taille record et l’apparition de crises boursières et financières. Il annonce ainsi “Competing projects to build world’s tallest building are a sure-fire sign of sign of immanent financial collapse”. Si j’étais un peu sceptique devant cette nouvelle théorie farfelue (on se souvient de la  corrélation entre l’activité solaire et les crises financières), la curiosité prit le pas en relisant l’histoire économique :

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Les CDS : une régulation vertueuse

14 mars 2010

La finance est un gisement intarissable de boucs émissaires pour la politique française. Deux raisons à cela : les Français n’aiment pas le marché et les financiers ont une imagination débordante pour créer des produits dont l’apparente complexité est preuve de sorcellerie. Dans un contexte de crise grecque et d’élections mal parties, la dernière cible de nos gouvernants sont les CDS, jugés responsables des malheurs de la Grèce. Petite explication.

Les crédit default swaps (CDS)

Un CDS est un instrument financier, dont le vendeur s’engage à couvrir les pertes enregistrées par l’acheteur sur un actif économique en cas d’insolvabilité d’un tiers déterminé. Un CDS sur la dette grecque est donc un contrat qui permet aux créanciers de la Grèce de s’assurer contre un défaut de paiement du pays.

Comme tout contrat d’assurance, le prix d’un CDS est fonction croissante du risque couvert, et augmente donc lorsque le marché anticipe une probabilité accrue de défaut, et inversement.

Le problème pour le gouvernement grec est que le taux d’intérêt qu’il doit verser sur ses nouveaux emprunts évolue semblablement au prix des CDS (voir graphique).

Evolution de la prime de risque des CDS et obligations grecques (Reuters)

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A l’ATTAC de la Taxe Tobin

26 novembre 2009

Sur la proposition d’Alistair Darling, le G20 a récemment re-réfléchi à l’établissement d’une « Taxe Tobin ». Si l’idée est défendue depuis longtemps par la France, elle a été vigoureusement rejetée par les Etats-Unis et le Canada.

D’où viennent de telles positions ?

De Tobin et de sa taxe

La taxe « Tobin » est une taxe destinée à réduire le poids de la spéculation sur les marchés financiers. Elle a été proposée en 1972 par le futur prix Nobel d’économie James Tobin (il le reçut en 1981 pour son travail en économétrie).

Cette taxe a connu un grand engouement dans le courant des années 1990 à la suite de la crise mexicaine. François Mitterrand a évoqué la question pour la première fois devant des instances internationales au sommet mondial pour le développement social de Copenhague en 1994. A la fin des années 1990, l’idée a été reprise et déformée par diverses associations altermondialistes qui y rajoutèrent une idée nouvelle : cette taxe était désormais destinée à réunir de l’argent pour le développement. Ces associations créèrent donc ATTAC (l’association pour une Taxe Tobin pour l’aide aux Citoyens). Institution que critiquera Tobin et qui changera donc son nom en ATTAC (Association pour un eTaxe sur les Transactions financières pour l’aide aux Citoyens)

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L’Etat gère-t-il bien son portefeuille boursier ?

20 octobre 2009

Un an après la chute de Lehman Brothers et l’accélération de la crise boursière, l’agence des participations de l’Etat (APE) a publié un rapport sur l’Etat actionnaire. Dans ce rapport se trouve un chapitre intéressant sur le portefeuille boursier de l’Etat, on y remarque une baisse de valeur de 24 milliards d’euros.

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Aides aux banques : un cadeau pour la BNP

7 octobre 2009

dataCes derniers jours, Baudoin Prot, le directeur général de BNP Paribas a déclaré vouloir rembourser avant juin 2010 l’aide que l’Etat lui a apportée. Comme nombre de mes concitoyens, je me suis alors posé une question: combien cette aide va rapporter à l’Etat et coûter à la BNP ?

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