14:28 dans une salle des marchés. Mes voisins parient du Coca-Cola sur le chiffre attendu dans 2 minutes. 14:30, Bloomberg clôt le suspens via les écrans et les cinquantaines d’enceintes de la salle. Les chiffres sont mauvais – 15 000 chômeurs de plus qu’attendus par les marchés boursiers (soit 10.2% de la population active) – et le CAC40 chute brutalement. Après une analyse plus sereine de ces statistiques, la bourse comblera sa chute en à peine plus d’une heure. Si la bourse a tout oublié si vite, est-ce qu’il y avait si peu à retenir ?
On retiendra que ce chiffre n’a jamais été atteint depuis le début des années 80. Cependant si l’on se réfère à un indice concurrent qui prend en compte toutes les formes de chômage (+ partiel contraint et découragements), on arrive à 17.5%, un niveau déjà atteint en 1995 : c’est déjà moins lointain.
En revanche, on se gardera de mettre ces 10% en perspective par une comparaison au taux français. C’est soustraire des patates à des carottes, comme l’on dit dans les petites classes, tant le chômage américain ne ressemble pas au chômage français. Au plan individuel, il est la plupart du temps une transition outre-Atlantique. En France, il est beaucoup plus souvent synonyme d’exclusion. Preuve de cette différence : en 2007, seuls 10% des chômeurs américains étaient sans emploi depuis plus d’un an, contre 40% en France. Le taux français étant d’ailleurs sous-évalué des découragés qui ne sont plus recensés.
En bref, parmi leurs populations actives respectives :
- 10.2% des américains risquent de sérieux problèmes financiers ;
- 9.5% des français sont menacés d’exclusion sociale.

Pour mieux nous suivre,
9 novembre 2009 à 11:42 |
Le constat est clair pour le chômage d’avant crise : Les USA avaient atteint, en quelque sorte, le plein emploi.
Le taux de chômage restant était un taux résiduel dû au temps nécessaire pour se reclasser entre deux emplois.
ceci dit c’est un constat AVANT CRISE (les chiffres datent de 2007), cela reste-t-il valable aujourd’hui?
à en croire la bourse oui (le retour à l’équilibre est preuve que cela n’est pas si grave)…
à en croire Obama, pas si sûr…
La question est donc pendante, et je suis bien incapable de vous donner une réponse…
9 novembre 2009 à 12:43 |
On ne peut pas donner de constat après crise sur le chômage à plus d’un an car la crise à moins d’un an. Cela dit, c’est plus sociologique que conjoncturel amha, on verra bien…
13 novembre 2009 à 10:00 |
Je viens de lire un article très intéressant, celui-ci affirme (chiffres à l’appui) que la hausse du chômage aux USA est différente cette année.
Elle n’affecte pas les mêmes catégorie de personnes que d’habitude (il affecte majoritairement les 35-54 ans), les durées constatées sont d’ors et déjà plus longue (la plus forte augmentation du chômage touche les chômeurs de durée moyenne (27 semaines), contre 5 semaines d’habitude)
http://blogs.lesechos.fr/article.php?id_article=3206
13 novembre 2009 à 1:48 |
Mais pour l’instant on ne peut pas dire que ce soit structurel, il faut attendre que le chômage regagne son niveau normal pour savoir. En France aussi le chômage de plus d’un an a surement monter mécaniquement du fait que l’économie n’embauche presque plus depuis un an.
13 novembre 2009 à 1:11 |
Apparemment le chiffre de 17,5% (correspondant à la mesure U-6) est de plus en plus mis en avant par les médias américains :
http://markettalk.newswires-americas.com/?p=6102